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Test : suspension Alzo pour enregistreur numérique

La difficulté du tournage vidéo est de faire en sorte que l’image comme le son soient tous les deux de qualité professionnelle ; c’est même particulièrement important pour le second. Si on est capable d’accepter une image moyenne, c’est la qualité du son qui fera la différence entre deux vidéos.

Pour améliorer la qualité du son en tournage, plusieurs options sont possibles :

  • engager un preneur de son avec perche : l’idéal, mais pas toujours facile ni possible…
  • investir dans un micro canon : il y en a de très bons, pour presque tous les budgets. Je travaille depuis longtemps avec le Sennheiser MKE 400, relativement accessible en terme de prix, mais beaucoup utilisent les micros Rode qui sont, paraît-il, très bons. Cette solution permet d’améliorer la prise de son par rapport aux micros intégrés des appareils photos mais présente vite des limites : la prise de son se fait en mono, les pré-amplis des appareils photos sont en général moyens et peu d’appareils comportent une prise casque permettant un contrôle en direct de ce qu’on est en train d’enregistrer. C’est une solution qui tient la route en cas de micro-trottoir, d’interview de personne proche dans un environnement peu bruyant ou quand il est essentiel de limiter le matériel que l’on porte.
  • investir dans un micro stéréo, comme le Tascam TM-2X ou le Sony ECMXYST1M. Ne les ayant pas testé, je ne peux pas vraiment en parler mais de nombreux tests existent en ligne qui permettent de se faire une idée.
  • utiliser un enregistreur numérique multipistes comme le Zoom H4n ou le Tascam DR-40 (ou d’autres chez Sony, Olympus, etc.). Ces enregistreurs compacts à micros intégrés sont plutôt destinés, à-priori, aux musiciens qui souhaitent pouvoir s’enregistrer facilement en studio ou en répétition, mais ils permettent vraiment de faire la différence en tournage. D’abord par la qualité de leurs micros et de leurs traitements du signal, bien sûr (ils sont faits pour cela). Par leur modularité ensuite : avec quatre pistes (deux pour les micros intégrés, deux pour des micros externes ou des instruments), ils permettent de pouvoir brancher d’autres types de micros (un micro canon, une entrée ligne quelconque ou un micro cravate, qui reste l’idéal en cas d’interview filmé, par exemple) et de pouvoir réaliser un vrai travail de mixage au moment du montage. Enfin, ils comportent une prise casque, ce qui permet de contrôler en direct ce qui est enregistré. Ils ont deux inconvénients : ils restent plus gros qu’un simple micro et, une fois fixés sur la griffe flash, sont parfois un peu envahissants, au risque de cacher la vue sur l’écran (dans ce cas, la cage devient indispensable). Et la sensibilité de leurs micros fait que la moindre manipulation de l’appareil photo crée des bruits parasites qui se retrouvent sur l’enregistrement. Pour remédier à cela, quelques solutions de suspension de l’enregistreur existent, comme les suspensions Rycote, mais il faut regarder vers l’autre côté de l’atlantique pour trouver des solutions un peu plus originales.

 

Parmi celles-ci, j’ai choisi la suspension d’enregistreur Alzo : deux plaques de métal avec pas de vis et sabot pour griffe flash, reliées par des grilles en silicone, qui permettent d’absorber les chocs. Elle est garantie à vie et fournie avec deux « grilles » de remplacement. L’ensemble fait environ 5*5*3 cm, ce qui en fait une solution particulièrement compacte. A l’usage, elle fournit un résultat étonnant, que ce soit sur appareil photo, sur rig ou sur poignée d’enregistrement. Tous les bruits de manipulation des supports sont absorbés. Mais si l’enregistreur est placé sur la griffe flash, les bruits d’autofocus par exemple, restent présents, en raison de la proximité des micros et de l’origine du bruit.

 

Peu encombrante, pas chère, modulable et efficace : c’est un 5/5 pour cette suspension Alzo.

 

Thomas