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Test du stabilisateur carbone Walimex Pro

L’arrivée du Canon Eos 5d Mk II, il y a une dizaine d’années, a permis aux photographes de s’emparer d’un outil avec lesquels ils n’étaient pas forcement familiers : le tournage vidéo. Si certains d’entre eux ont été contraints par des clients aux budgets serrés qui ne voyaient pas de contre-indication à exiger photos ET vidéos à un seul professionnel, d’autres ont pu saisir la chance de pouvoir utiliser un outil complémentaire pour leurs reportages ou leurs travaux de fiction. La plupart des appareils photos proposant aujourd’hui d’excellents modes vidéos, de nombreux accessoires ont envahi les magasins photos et boutiques du net pour améliorer les performances de prises de vues ou l’ergonomie d’appareils pas vraiment conçus pour le tournage : trépieds, accessoires de visée, moniteurs de contrôle, micros, cartes sons, etc. Parmi ces accessoires, celui qui nous intéresse aujourd’hui est le stabilisateur mécanique (parfois appelés glidecam, steadycam …), dont l’utilisation permet d’adoucir travellings et panoramiques avec l’appareil tenu dans les mains.

De nombreux appareils ont intégré une stabilisation 5 axes avec la promesse de pouvoir se passer de ces stabilisateurs, qu’ils soient mécaniques ou électroniques, mais il reste de nombreux boitiers qui ne l’ont pas : si une stabilisation en post-production reste possible (dans Première, par exemple), l’opération reste longue et gourmande en ressources et le stabilisateur s’avère très vite indispensable pour obtenir un rendu satisfaisant dès la prise de vues. Les stabilisateurs mécaniques restent bien moins chers que les stabilisateurs électroniques, avec en plus la possibilité de ne pas avoir un n-ième appareil à devoir charger pour le rendre utilisable.

Avec l’arrivée d’une nouvelle commande de film à réaliser, je me suis décidé à améliorer le rendu d’images dynamiques : les plans d’un appareil sur pied restent indispensables, mais la possibilité d’images immersives donnent souvent un vrai plus dans les films. Le reportage étant l’essentiel de ma production, il me fallait une solution facilement utilisable, relativement discrète et pas trop lourde. Mon choix s’est porté sur le stabilisateur carbone Walimex Pro.

A l’ouverture de la boîte, bonne surprise : le stabilisateur est livré dans une sacoche de transport. De type « banane », ce qui peut ne pas être au goût de tous, elle contient suffisamment de place pour pouvoir y ajouter d’autres accessoires. Le stabilisateur, dans sa sacoche, est replié, avec son plateau rapide à part. La qualité de fabrication est bonne : tout semble solide, il n’y a pas de jeu dans les pièces mobiles et l’ensemble, quoique léger, donne une impression de robustesse.

Le stabilisateur et ses accessoires à l'ouverture de la boîte.
Le stabilisateur et ses accessoires à l’ouverture de la boîte.

Je ne reviendrai pas sur la manière de régler un stabilisateur, il y a de nombreuses vidéos sur le web qui expliquent tout ça très bien. La base de ce stabilisateur est composé d’un trépied avec des contrepoids de masses différentes vissés les uns dans les autres, ce qui permet de pouvoir l’utiliser avec un éventail de matériels très différents, du smartphone au réflex (le fabricant indique un maximum de 2,5 kg pour l’appareil+objectif+accessoires).

Les contrepoids de chaque jambe du trépied.
Les contrepoids de chaque jambe du trépied.

A peu près tout ce qui se règle comporte des verrous de sécurité : le trépied de contrepoids, la longueur du pied en carbone, ou les multiples réglages d’équilibrage du stabilisateur comporte des vis de serrage ou des verrouillages divers pour rendre l’ensemble très sûr.

Des repères chiffrés permettent aussi de garder des configurations en mémoire et de pouvoir les mettre en oeuvre en un clin d’oeil : à chaque changement d’appareils, d’optiques ou d’accessoires, il faut rééquilibrer l’ensemble et il peut être pratique d’avoir ces réglages en mémoire, l’équilibrage d’un stabilisateur chargé étant parfois un peu long et/ou fastidieux.

 

Règle graduée sous le plateau rapide.
Règle graduée sous le plateau rapide.

 

Graduations sur la colonne.
Graduations sur la colonne.

Testé avec un Fuji XT-20, le stabilisateur se porte assez facilement, n’est pas trop lourd à l’usage et permet un tournage un peu long sans fatigue : mon principal reproche viendrait de l’appareil photo, qui, une fois monté sur ce stabilisateur, ne permet pas d’accéder facilement à la trappe de la batterie et oblige à tout démonter pour un changement de batterie ou de carte mémoire.

Le stabilisateur avec un Fuji XT-20.
Le stabilisateur avec un Fuji XT-20.

Je n’ai pas encore eu l’occasion de le tester avec un gros reflex, tout simplement parce que j’en utilise de moins en moins.

En situation de reportage, c’est parfait. Il faut apprendre à domestiquer un peu l’ensemble, surtout dans la manière dont on marche sur des terrains accidentés. Mais la base en trépied permet de pouvoir poser l’ensemble très rapidement pour pouvoir tourner un plan fixe, puis de repartir sur du plan dynamique : en reportage, le sujet n’attend pas et il n’y a souvent pas de seconde prise possible.  Cette base en trépied permet aussi, en bloquant deux des pieds contre sa ceinture, une utilisation du stabilisateur avec un angle de prise de vue non horizontal : parfois utile.

Je ne peux pas faire de comparaison avec d’autres stabilisateurs puisque c’est le premier que j’utilise. Dans les divers essais que j’ai pu tourner (voir les vidéos ci-dessous), je trouve que le rendu est particulièrement bon et dynamique, avec un vrai côté immersif. Après une matinée de quatre heures de tournage, la fatigue due à son utilisation et au poids de l’ensemble reste gérable.

Après les premières utilisations, j’en suis vraiment content : il correspond exactement aux besoins que je pouvais avoir tout en restant facilement gérable, discret, et léger.

Thomas