Un député dans la campagne

Un député dans la campagne

C. Castaner sur le plateau d'Albion

Christophe Castaner en compagnie de Delphine Bagarry, conseillère départementale, et le journaliste Tanguy Cohen, sur le plateau d’Albion

Son téléphone sonne une fois de plus. Il sourit et nous montre l’écran, sur lequel s’affichent les nom et numéro du contact : aujourd’hui, Christophe Castaner a décidé de ne pas répondre à l’appel de la secrétaire d’état Barbara Pompili. Depuis le milieu de la matinée, ça ne s’est pas arrêté : Emmanuel Macron, dont il est proche, vient d’annoncer sa démission. Radios et télés cherchent à joindre le député pour avoir une réaction, en vain : il a passé la matinée sur les petites routes de haute Provence avec trois marcheurs avant de déjeuner avec des apiculteurs. Les contacts avec l’ancien ministre de l’Economie ne seront que des échanges de sms : il nous en lit un à haute voix, qui témoigne de l’attachement réciproque des deux hommes. Mais aujourd’hui, Christophe Castaner a décidé de rester sourd aux sollicitations extérieures. Seule compte sa circonscription, qu’il a décidé de traverser à pied pendant ses vacances parlementaires.

Parti de Corbières, près de Manosque, il doit rejoindre le col de Larche, à la frontière italienne, au dessus de Barcelonette, en 15 jours. Entre 20 et 30 kilomètres de marche par jour, accompagné ou pas, puisqu’il a invité tout le monde à marcher avec lui, entrecoupés de rencontres avec des élus ou des électeurs. Il passe la nuit chez ceux qui ont proposé de l’héberger, et repart le matin pour l’étape suivante.

Stop au loup en arrivant à Oppedette

Entre Vachères et Oppedette, des inscriptions « Stop ô loup » ont été inscrites à la peinture sur la route qu’emprunte le groupe.

Face aux électeurs

Christophe Castaner répond aux questions devant la mairie de Vachères

Discussion à Oppedette

A Oppedette, C. Castaner discute avec des élus locaux.

Le projet avait germé en février : arpenter à pied la seconde circonscription des Alpes-de-Haute-Provence, dont il est député. Prendre le temps d’aller à la rencontre des citoyens, au lieu de les recevoir dans un bureau. Passer des heures à discuter, de politique ou d’autre chose, tout en marchant. Par opposition à une gestion rigoureuse d’agenda, il revendique la recherche d’un temps lent de la politique. Mais enchaîne marche, visites, rencontres ou réunions publiques à une vitesse folle. A tel point qu’on a parfois du mal à le suivre. C’est un temps lent, mais «à son rythme», dit-il en rigolant, conscient de cette nature à vouloir aller vite. Il se défend de toute influence du mouvement d’Emmanuel Macron dans sa démarche. Et assure, en bon soldat, le service après-vente de l’action gouvernementale, malgré des divergences parfois assumées. Il tient à rappeler régulièrement ce qui a été fait de bien. Question de caractère, assure-t-il: regarder le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

A l'abbaye de Valsaintes

Rencontres avec des citoyens et des élus autour d’un café, dans les jardins de l’Abbaye de Valsaintes

Départ d'Oppedette, en contrebas du village

Départ d’Oppedette, le matin, sous les façades de ce village perché.

Déjeuner à Montsalier

A Montsalier, après avoir rencontré des élus, Christophe Castaner déjeune avec des apiculteurs.

Chercher sa route

Parti sans autre feuille de route que la liste de ses villages-étapes, prendre un raccourci, c’est s’exposer à se perdre.

A l'heure de la démission

Dans les jardins de l’Abbaye de Valsaintes. Christophe Castaner a demandé un quart d’heure pour relever ses messages. A Paris, Emmanuel Macron vient juste d’annoncer sa démission.

Il doit s’expliquer souvent sur son retrait au soir du premier tour des régionales : les électeurs de gauche, ses électeurs, ne lui ont pas pardonné. Il redit sa priorité de faire obstacle au Front National, à n’importe quel prix. A chaque arrêt, les questions sont nombreuses : les réseaux internet, catastrophiques malgré des investissements publics conséquents, le loup, problème récurrent et objet d’un «dossier de merde» dont on l’a chargé, le bilan du gouvernement, les problèmes d’inter-communalités, sujets locaux et nationaux se mêlent dans des débats parfois désordonnés. Et la marche pour parler d’autres choses, échanger des souvenirs et quelques fois parler d’avenir.

Parfois, son regard se voile : besoin d’isolement ou désintérêt pour le sujet en cours, difficile à dire. Il n’aime pas beaucoup l’immobilité, comme si son corps avait totalement intégré que la vie doit être mouvement. Son entourage peine parfois à le suivre.

En montant vers le pas de Redortiers

Entre plateau d’Albion et vallée du Jabron, marche dans la forêt avec Delphine Bagarry et Tangy Cohen.

Avec un berger au pas de Redortiers

Au Pas de Redortiers, entre vallée du Jabron et plateau d’Albion, rencontre et discussion inattendue avec un berger : le loup fait partie des sujets de la discussion …

A la dernière gendarmerie de la vallée du Jabron

Avec les deux derniers gendarmes de la vallée du Jabron : cette gendarmerie doit être abandonnée bientôt, et les gendarmes seront à Sisteron.

Dans la vallée du Caire

Dans les champs de pommes de la vallée de la Motte du Caire, avec le sénateur Jean-Yves Roux, et le maire du Caire, Jean-Michel Magnan.

Réunion publique à Faucon du Caire

Réunion publique à Faucon du Caire

Dans la mairie de St Martin lès Seyne

St-Martin-lès-Seyne, commune de 17 habitants. Dans la petite maison, adossée à l’église, qui sert de mairie, portrait du Président de la République punaisé au mur.

Arrêt "nouvelles" à Faucon-du-Caire

Arrêt « nouvelles » à Faucon-du-Caire

Réunion publique à Sisteron

Réunion publique à Sisteron

En quittant la vallée du Jabron

Montée vers Sisteron, en quittant la vallée du Jabron

Etirements du soir

Etirements de la fin de la marche, chez une habitante de Sisteron

Il aura ainsi parcouru 270 kilomètres. Il a souhaité garder un contact direct avec les gens et se retrouver seul sur la route, sans forcément y arriver. Il a ainsi refusé la venue de Macron sur son parcours, pour ne pas «nationaliser le débat». L’expérience, qu’il voulait retraite contemplative, aura finalement tourné à une pré-campagne électorale. Avant une dernière rentrée parlementaire, et une élection présidentielle qui risque de marquer un tournant dans une certaine façon de faire de la politique. Celle contre laquelle Christophe Castaner semble se battre, sans toujours parvenir à convaincre tout à fait.

Visite d'une fromagerie à Séderon

Visite d’une fromagerie à Séderon